MUANDA : MARIE NYANGE NDAMBO DESCEND SUR LE TERRAIN POUR SAUVER LE PARC MARIN DES MANGROVES DE LA SPOLIATION ET DE LA POLLUTION
Cette mission intervient après plusieurs enquêtes ayant mis en évidence des menaces liées notamment à l’occupation illégale et à la spoliation d’une partie des terres relevant du parc. La présence de la délégation gouvernementale traduit ainsi la volonté des autorités de passer du constat à l’action face aux atteintes qui affectent cette aire protégée.
LES MANGROVES, UN REMPART POUR LA BIODIVERSITÉ ET LES RESSOURCES HALIEUTIQUESDerrière les palétuviers et les paysages côtiers de Muanda se joue une question qui dépasse largement la conservation de la forêt. Les mangroves constituent des écosystèmes particulièrement productifs, offrant des habitats, des zones d’alimentation et surtout des sites essentiels à la reproduction et au développement de nombreuses espèces aquatiques.
La disparition ou la dégradation de ces habitats peut donc avoir des conséquences écologiques, mais également socio-économiques pour les communautés qui dépendent des ressources halieutiques.
La ministre de l’Environnement a insisté sur cet enjeu lors de sa visite : « Si nous perdons cet écosystème, nous perdrons des espèces de poissons que l'on ne pourra plus jamais retrouver dans nos assiettes. »
Cette déclaration met en évidence le lien direct entre protection des mangroves, sécurité alimentaire et maintien des activités de pêche.
TORTUES MARINES : LA POLLUTION LUMINEUSE ET SONORE EN QUESTIONLa pression exercée sur le parc ne se limite toutefois pas à l’occupation de ses espaces. Les autorités ont également été alertées sur les effets potentiels des pollutions sonores et lumineuses sur la faune marine, notamment sur les tortues qui fréquentent le littoral pour leur reproduction.
La pollution lumineuse constitue un facteur particulièrement préoccupant sur les plages de ponte : les éclairages artificiels peuvent perturber le comportement des femelles et désorienter les nouveau-nés lors de leur déplacement vers la mer. La pollution sonore et les activités humaines peuvent, elles aussi, accroître la pression sur ces habitats sensibles.
Pour le Gouvernement, ces problématiques doivent être intégrées dans une approche plus large de protection de la biodiversité.
VERS UN RENFORCEMENT DE L’ARSENAL JURIDIQUEMarie Nyange Ndambo a également évoqué le renforcement du cadre réglementaire environnemental. Selon elle, les questions liées aux différentes formes de pollution seront davantage prises en compte dans le Code forestier actuellement en cours de révision.
« Nous mettrons en place toutes les dispositions pour non seulement nous protéger, mais aussi sanctionner tous ceux qui violent les normes environnementales », a-t-elle déclaré.
Cette position pose néanmoins un enjeu majeur : l’efficacité d’un dispositif juridique ne dépend pas uniquement de l’existence des textes, mais aussi de leur application effective sur le terrain, du contrôle des espaces protégés et de la capacité des institutions compétentes à poursuivre les infractions.
À MUANDA, L’URGENCE EST AUSSI FONCIÈRELa question de la spoliation constitue ainsi l’un des principaux défis de la mission. Lorsqu’une aire protégée est progressivement occupée ou privatisée, la conservation devient difficile, voire impossible, si les limites du site ne sont pas clairement matérialisées et effectivement respectées.
La protection du Parc Marin des Mangroves devra donc nécessairement combiner plusieurs leviers : sécurisation foncière des espaces protégés, surveillance, application de la législation, lutte contre les différentes formes de pollution et implication des communautés riveraines.
La descente de la ministre à Muanda marque une étape importante. Mais pour que cette mission produise des résultats durables, le véritable défi sera désormais de traduire les constats effectués sur le terrain en mesures concrètes, contrôlables et suivies dans le temps.
Car à Muanda, protéger les mangroves ne revient pas seulement à sauver des arbres : c’est aussi préserver des habitats essentiels à la faune marine, soutenir les ressources halieutiques et maintenir les fonctions écologiques d’un littoral dont dépendent les populations.
Rédaction Green Impact Média
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