Socio-économique

KAPELA : CHASSÉS PAR LA DÉMOLITION, LES VENDEURS REVIENNENT PAR LA PETITE PORTE

KAPELA : CHASSÉS PAR LA DÉMOLITION, LES VENDEURS REVIENNENT PAR LA PETITE PORTE
À peine quelques jours après la démolition des installations commerciales érigées sur l’emprise publique à Kapela, dans la commune de Kalamu, les vendeurs reprennent progressivement possession des lieux. Mais cette fois, le décor a changé : plus de kiosques ni de constructions en dur, mais des tables, des chaises de bars, des dispositifs de grillades et autres installations mobiles occupent à nouveau l’espace.

Image après l'introduction

Le phénomène interroge sur la portée réelle des opérations d’assainissement engagées dans la ville-province de Kinshasa. Car si les constructions peuvent être démolies en quelques heures, les activités économiques, elles, ne disparaissent pas aussi facilement.

« Toko kende wapi ? », lance un vendeur interrogé par la rédaction de Green Impact Média. En français : « Où irons-nous ? » Une courte phrase qui résume, à elle seule, le dilemme auquel sont confrontés certains petits commerçants : respecter les règles d’occupation de l’espace public tout en continuant à chercher de quoi vivre.

Mais derrière cette question sociale se pose une autre interrogation : l’assainissement peut-il être durable sans solution alternative pour les activités déplacées ?

Le retour progressif des vendeurs peut certes être interprété comme une forme de résistance aux mesures de l’autorité publique ou comme la persistance d’une culture d’occupation informelle de l’espace urbain. Mais réduire le problème à une simple « indiscipline » de la population serait trop simpliste. La question renvoie également à l’organisation des marchés, à l’accès aux espaces commerciaux réglementés, au contrôle de l’occupation du domaine public et aux mécanismes permettant aux petits commerçants de poursuivre leurs activités dans un cadre légal.

Kapela, situé dans la commune de Kalamu, dans le district de Funa, est notamment connu pour ses activités commerciales liées à la restauration, aux grillades et à la vente de boissons. Le secteur est également régulièrement associé aux nuisances sonores qui affectent certains quartiers de la capitale.

Dès lors, une opération d’assainissement ne devrait-elle pas être pensée comme une chaîne complète : libérer l’espace, organiser les activités, proposer des alternatives et assurer un contrôle durable ?

Sinon, le risque est de voir se répéter le même scénario : démolition aujourd’hui, retour progressif demain.

À Kapela, le véritable défi n’est donc peut-être plus seulement de démolir les marchés pirates, mais de faire en sorte que l’espace public libéré le reste effectivement, sans abandonner les populations concernées à la seule logique du “où irons-nous ?”

Serge GATA Green Impact Média 

Commentaires et likes

Aucun commentaire pour le moment.