JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’AIR PUR : ET SI RESPIRER DEVENAIT UN LUXE ?
Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2019, cette journée vise à sensibiliser les populations et les décideurs à l’urgence d’améliorer la qualité de l’air. La première édition a été célébrée en 2020. Depuis, le constat demeure préoccupant : pollution atmosphérique et changement climatique avancent souvent sur les mêmes trajectoires, alimentés notamment par les combustibles fossiles, les transports polluants, certaines activités industrielles, la mauvaise gestion des déchets et la déforestation.
L’AIR POLLUÉ A UN COÛTLa pollution atmosphérique ne se limite pas à une couche de fumée visible au-dessus des grandes agglomérations. Les particules fines et d'autres polluants peuvent pénétrer profondément dans l'organisme et contribuer à de graves problèmes de santé. Les conséquences se traduisent également en pertes de productivité, en dépenses médicales et en pression accrue sur les systèmes de santé.
C’est précisément là que se trouve l’un des arguments majeurs de cette commémoration : agir pour un air plus propre n’est pas nécessairement un frein au développement économique. Cela peut au contraire constituer un investissement.
Une politique qui favorise des transports moins polluants, une énergie plus propre, une meilleure gestion des déchets ou encore une réduction des émissions industrielles peut produire plusieurs bénéfices simultanément : moins de pollution, une meilleure santé des populations, des villes plus vivables et une contribution aux objectifs climatiques.
KINSHASA FACE À SON PROPRE DÉFIÀ Kinshasa, la question mérite une attention particulière. Circulation automobile intense, embouteillages, émissions des véhicules vieillissants, incinération incomplète à l’air libre des déchets, poussières issues des routes et activités génératrices de fumées composent un cocktail dont les effets sur la qualité de l’air doivent être davantage documentés.
Le problème est aussi celui de la connaissance. On ne peut pas efficacement gérer ce que l’on ne mesure pas suffisamment. Le renforcement des réseaux de surveillance de la qualité de l’air, la publication régulière des données et l'information du public devraient donc accompagner toute politique sérieuse de lutte contre la pollution atmosphérique.
La transition vers une mobilité moins polluante, l’amélioration de la gestion des déchets et la promotion de sources d’énergie plus propres ne devraient pas être considérées comme des préoccupations réservées aux pays industrialisés. Pour les grandes villes africaines en pleine croissance, elles constituent déjà un enjeu de développement.
LE CLIMAT ET L’AIR : DEUX COMBATS, UNE MÊME BATAILLEL’un des enseignements importants de cette journée est qu’il serait contre-productif de traiter séparément la pollution de l’air et le changement climatique. Plusieurs sources d’émissions contribuent simultanément aux deux problèmes.
Une action intégrée peut donc permettre de rechercher un double bénéfice : réduire les polluants atmosphériques qui affectent directement la santé et diminuer les émissions responsables du dérèglement climatique.
Cette approche suppose cependant des choix politiques cohérents : investir dans les transports publics, améliorer l’efficacité énergétique, réduire le recours aux combustibles fortement polluants, développer les énergies renouvelables, lutter contre le brûlage des déchets et mieux contrôler les émissions des activités économiques.
RESPIRER, UN DROIT QUI SE CONSTRUITLa Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu ne devrait pas rester une simple date dans le calendrier environnemental. Elle doit surtout servir de rappel : la qualité de l’air est un indicateur de la qualité du développement d’une société.
Pour la République démocratique du Congo, le défi est immense, mais il est aussi porteur d’opportunités. Une urbanisation mieux planifiée, des transports collectifs efficaces, une gestion moderne des déchets et un accès accru à une énergie propre pourraient simultanément améliorer la santé, réduire les émissions et créer de nouvelles activités économiques.
Au fond, la question n’est donc plus seulement de savoir comment lutter contre la pollution de l’air, mais quel modèle de développement nous voulons construire.
Car un ciel bleu ne devrait pas être une image de campagne. Il devrait être une réalité quotidienne.
Rédaction Green Impact Média
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C'est très pertinent