Sociopolitique

CULTURE : L’ENAF-NM RELANCE SON HÉRITAGE SPIRITUEL ET REVENDIQUE LA RÉHABILITATION DE LA MÉMOIRE DE SIMON PIERRE MPADI

CULTURE : L’ENAF-NM RELANCE SON HÉRITAGE SPIRITUEL ET REVENDIQUE LA RÉHABILITATION DE LA MÉMOIRE DE SIMON PIERRE MPADI
L’Église des Noirs en Afrique Nzila Mpulusu (ENAF-NM) a officiellement lancé ses activités, dimanche 6 septembre 2026 à Kinshasa. Présentée par ses responsables comme un retour aux fondements laissés par son fondateur, Simon Pierre Mpadi, cette initiative intervient dans un contexte marqué par des divisions historiques autour de la direction, de la dénomination et de l’héritage institutionnel du mouvement.

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Devant des milliers de fidèles venus de différentes régions, Patrick Tiaka Mpadi, représentant légal de l’ENAF-NM et présenté comme l’un des fils biologiques de Simon Pierre Mpadi, a retracé les principales étapes de cette histoire. Son intervention a surtout porté sur les dissensions apparues après la disparition du fondateur et sur la volonté d’une partie des fidèles de renouer avec ce qu’ils considèrent comme l’héritage originel de l’Église.

UN HÉRITAGE MARQUÉ PAR DES SUCCESSIONS CONTESTÉES

Selon le récit livré par Patrick Tiaka Mpadi et Kinsala Bienvenu, premier suppliant en charge des enseigements spirituels, Simon Pierre Mpadi est décédé le 19 mars 1991. À cette période, l’Église des Noirs en Afrique était engagée dans des démarches visant à obtenir la personnalité juridique.

D’après leur témoignage, cette reconnaissance juridique serait intervenue quelques jours après le décès du fondateur, sous le régime du président Mobutu. La succession à la tête du mouvement aurait ensuite été marquée par des divergences entre plusieurs responsables proches de Simon Pierre Mpadi, notamment autour des fonctions de coordination et de secrétariat général.

Ces désaccords auraient progressivement entraîné une fragmentation de l’Église et l’apparition de plusieurs tendances revendiquant chacune une part de la continuité historique du mouvement.

Patrick Tiaka Mpadi situe notamment un tournant dans les années 1990, avec des procédures judiciaires concernant la personnalité juridique de l’Église. Il évoque également une réhabilitation ultérieure de cette personnalité juridique à la suite d'une décision de justice.

Toutefois, ces éléments historiques et juridiques gagneraient à être confrontés aux archives officielles, aux textes constitutifs de l’Église ainsi qu’aux décisions judiciaires concernées pour établir avec précision la chronologie et les droits respectifs des différentes parties.

DE L’ÉGLISE DES NOIRS EN AFRIQUE À LA « RELIGION MPADISTE »

Au-delà des questions de leadership, la controverse porte également sur l’identité même du mouvement.

Toujours selon Patrick Tiaka Mpadi, une partie de la famille et des responsables aurait progressivement adopté une nouvelle dénomination, faisant référence à la « religion mpadiste ». Cette évolution aurait été perçue par certains membres comme une rupture avec la dénomination historique laissée par le fondateur.

C’est précisément sur ce point que l’ENAF-NM entend aujourd’hui se positionner. Ses responsables affirment vouloir réhabiliter l’appellation et l’identité originelles, tout en évitant les confusions avec d’autres structures qui revendiquent également l’héritage de Simon Pierre Mpadi.

Cette bataille autour du nom n’est donc pas simplement sémantique. Dans les mouvements religieux fondés autour d’une forte personnalité historique, la dénomination peut devenir un enjeu majeur de légitimité, de transmission de la mémoire et, parfois, de reconnaissance juridique.

UNE MOBILISATION QUI DÉPASSE LES FRONTIÈRES DE LA RDC

Pour les responsables de l’ENAF-NM, la relance ne se limite pas à Kinshasa.

Patrick Tiaka Mpadi affirme que des fidèles établis en Europe, notamment en France, ainsi que des membres présents en République centrafricaine, au Congo-Brazzaville et en Angola, auraient manifesté leur adhésion à cette démarche.

Si cette implantation internationale se confirme, elle pourrait constituer un élément important dans la stratégie de reconstruction de l’organisation. Elle montre également que l’héritage de Simon Pierre Mpadi continue d’être revendiqué au-delà du territoire congolais.

Mais là encore, l’ampleur réelle de cette mobilisation devra être documentée par des données précises sur les communautés, les paroisses et les représentations concernées.

SIMON PIERRE MPADI, UNE FIGURE À REPLACER DANS L’HISTOIRE CONGOLAISE

La relance de l’ENAF-NM remet surtout sur la table une question plus large : quelle place accorder à Simon Pierre Mpadi dans la mémoire historique de la République démocratique du Congo ?

Les responsables de l’ENAF-NM Patrick Tiaka Mpadi et Kinsala Bienvenu présentent Simon Pierre Mpadi comme un compagnon de lutte de Simon Kimbangu et estiment que son rôle historique demeure insuffisamment reconnu dans la mémoire collective congolaise.

Cette affirmation mérite cependant un travail historique rigoureux. La question de ses relations avec le mouvement kimbanguiste, de son parcours personnel, de son influence religieuse et de son éventuelle contribution aux dynamiques ayant précédé l’indépendance de la RDC doit être étudiée à partir de sources primaires, d’archives et de travaux historiques indépendants.

L’enjeu dépasse donc la seule querelle entre différentes tendances religieuses. Il touche à la manière dont la RDC conserve, documente et transmet la mémoire de ses figures religieuses et sociales.

ENTRE RÉHABILITATION ET NÉCESSITÉ DE DOCUMENTATION

Le lancement officiel de l’ENAF-NM apparaît ainsi comme une tentative de reconstruction institutionnelle, mais aussi comme une opération de réappropriation mémorielle.

Ses responsables affirment vouloir revenir à l’héritage originel de Simon Pierre Mpadi et répondre à une demande exprimée, selon eux, par une partie des anciens fidèles. Ils souhaitent également obtenir une reconnaissance plus importante de la contribution historique de leur fondateur.

Cette démarche soulève néanmoins plusieurs questions : quelles archives permettent de reconstituer avec certitude l'histoire de l'Église ? Quels sont les textes juridiques qui déterminent sa personnalité et sa succession ? Quelle est aujourd’hui la représentativité des différentes branches ? Et quelle place l’histoire nationale doit-elle accorder à Simon Pierre Mpadi ?

Autant de questions qui méritent des réponses documentées.

En lançant officiellement ses activités à Kinshasa, l’ENAF-NM ne fait donc pas seulement son retour sur la scène religieuse. Elle ouvre également un nouveau chapitre d’un débat plus ancien sur la succession, l’identité institutionnelle et la mémoire de Simon Pierre Mpadi, une figure dont les héritiers spirituels souhaitent désormais voir l’histoire davantage reconnue dans le patrimoine national congolais.

Serge GATA, Green Impact Média 

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Ptm

Le patriarche Mpadi est une grande figure religieuse de l'Afrique qui a su démontrer à l'époque le 07-09-1939 à travers un mémorandum de 24 pages adressé devant l'autorité des bienfaits, des méfaits de la colonisation et sollicitant face au comportement malsain de l'occident de l'ouverture d'une église propre des africains tels que le christianisme, le bouddhisme et l'islam. Laquelle église était dénommée : mission des noirs en Afrique...