À seulement 26 ans, Bijiro Kaberha, surnommé Le Roi, s’impose comme l’une des voix les plus inspirantes de la jeunesse autochtone engagée dans la défense de la biodiversité en République démocratique du Congo.
Depuis son enfance, il observe les injustices et les menaces qui pèsent sur les communautés et leur environnement. Très tôt, il se fait une promesse : transformer son courage en action pour protéger la nature et défendre les droits des peuples autochtones.

Un engagement qui change les mentalités
Son implication dans les activités environnementales ne se limite pas à des gestes symboliques. Bijiro constate que son courage et sa persévérance commencent à changer la pensée de la communauté. Les jeunes autochtones, longtemps marginalisés, s’engagent désormais dans la protection du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB).
À travers des campagnes de sensibilisation et des initiatives communautaires, ils veulent contribuer à la préservation de la forêt et de sa biodiversité. Pour Bijiro, la conservation ne doit pas être perçue comme une responsabilité des institutions seules, mais comme une responsabilité collective impliquant les communautés riveraines.

 Une voix pour les générations futures
« Le PNKB représente une opportunité unique pour les communautés riveraines grâce aux services écosystémiques qu’il offre. Mais si nous laissons la forêt se dégrader, les générations futures n’auront plus de souvenirs du parc. Elles perdront non seulement ses bénéfices, mais aussi leur identité et leur profession. » Bijiro Kaberha
Son message est clair : la dégradation de la forêt menace l’avenir. Elle prive les jeunes de repères, de ressources et de perspectives. Pire encore, elle risque de créer des conflits intergénérationnels autour de la mémoire et de l’héritage écologique.

Les défis de la conservation
La protection du PNKB reste confrontée à de nombreux obstacles :
• Conflits armés qui fragilisent la sécurité des zones forestières.
• Manque de collaboration avec les peuples autochtones pygmées, pourtant premiers bénéficiaires et gardiens naturels du parc.
• Absence d’opportunités offertes par les responsables du parc pour impliquer réellement les jeunes.
Pour Bijiro, la solution passe par une sensibilisation accrue et la valorisation des connaissances traditionnelles. Les jeunes doivent être considérés comme des acteurs à part entière de la conservation.

 Un portrait de courage
Bijiro Kaberha incarne une nouvelle génération de leaders autochtones qui refusent de rester spectateurs. Son combat est celui d’un jeune qui croit que la biodiversité se protège non seulement avec des arbres, mais surtout avec des cœurs et des esprits prêts à croire en un avenir meilleur.
Son histoire est un appel vibrant : donner aux jeunes autochtones les moyens de participer activement à la protection du PNKB, c’est investir dans la paix, la mémoire et la survie de la biodiversité congolaise.

Jean Iragi- Green Impact Media