TRAFIC FAUNIQUE : DEUX PRÉSUMÉS TRAFIQUANTS INTERPELLÉS À KISANGANI AVEC DES DÉPOUILLES D’OKAPI ET DE LÉOPARD
Coordonnée par le Parquet de Grande Instance de Kisangani, l’intervention a mobilisé la Police nationale congolaise et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Parmi les deux personnes interpellées figure, selon les informations communiquées par Conserv Congo, un policier qui se trouvait en tenue de service au moment de l’opération.
Au-delà de la saisie des produits fauniques, cette affaire pourrait révéler l’existence d’une filière plus structurée. Les premiers éléments de l’enquête évoquent en effet un réseau présumé impliquant plusieurs acteurs opérant dans différentes zones de la région, notamment dans le territoire du Bas-Uélé.
Une enquête qui cherche à remonter la filièreLes autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’origine des produits saisis et d’identifier les autres personnes susceptibles d’être impliquées. Les enquêteurs cherchent notamment à établir les éventuelles responsabilités des intermédiaires, commanditaires ou complices.
À ce stade, ces éléments relèvent de l’enquête et devront être établis par les autorités judiciaires dans le respect des procédures en vigueur.
Kisangani, carrefour des produits fauniquesCette nouvelle saisie met également en lumière la position stratégique de Kisangani dans les circuits de circulation des produits issus du braconnage. Située au cœur du bassin du Congo, la ville constitue un important carrefour de transport et d’échanges.
Les produits fauniques peuvent notamment y transiter avant d’être acheminés vers d’autres centres urbains de la RDC, notamment par voie fluviale en direction de Kinshasa, mais également par les réseaux routiers et aériens.
La présence simultanée d’une peau d’okapi et d’une peau de léopard dans cette affaire illustre, une fois encore, la diversité des espèces ciblées par les trafiquants.
Okapi et léopard, un patrimoine sous pressionEmblèmes de la biodiversité congolaise, l’okapi et le léopard sont protégés par la législation nationale. Leur exploitation illégale alimente un commerce qui porte atteinte à la conservation de la faune et aux efforts déployés pour préserver le patrimoine naturel du pays.
L’affaire prend une dimension supplémentaire lorsque l’un des suspects est présenté comme un agent de la force publique. Au-delà de la protection des espèces, elle pose ainsi la question du respect de la loi et de l’intégrité des acteurs chargés de contribuer à son application.
Conserv Congo a salué la collaboration entre les autorités judiciaires, la Police nationale congolaise et l’ICCN, tout en réaffirmant sa volonté de soutenir les efforts nationaux contre la criminalité environnementale.
L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue exacte de cette présumée filière et les responsabilités de chacun.
Serge GATA, Green Impact Média
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