Environnement

KINSHASA : À NGANDA, LES DÉCHETS SE TRANSFORMENT EN ENGRAIS ET FONT POUSSER DES LÉGUMES

KINSHASA : À NGANDA, LES DÉCHETS SE TRANSFORMENT EN ENGRAIS ET FONT POUSSER DES LÉGUMES
À Kintambo, les déchets ménagers ne sont plus seulement une source d’insalubrité. Au quartier Nganda, leur valorisation permet de produire du compost, d’élever des asticots destinés à l’alimentation animale et de cultiver des légumes. Une initiative qui montre qu’avec une gestion organisée, les déchets peuvent devenir une véritable richesse.

Image après l'introduction

Au quartier Nganda, dans la commune de Kintambo, les déchets changent de destination et de valeur. Sur le site de décharge contrôlée géré par Green Coop, à travers l’Œuvre pour le bien-être social (OPBS), les matières autrefois considérées comme inutiles trouvent une seconde vie. Ici, le principe est simple : récupérer, trier et valoriser plutôt que tout jeter.

Derrière cette démarche se dessine un modèle de gestion des déchets ménagers qui pourrait inspirer d’autres initiatives dans la capitale congolaise, confrontée à un problème persistant d’insalubrité.

Le processus commence au niveau des ménages, où une partie des déchets est déjà triée. La collecte est ensuite assurée par l’organisation sous-traitante MAKANGA TECHNOLOGIES. Sur le site, SGA ONE procède à un tri complémentaire et répartit les déchets en fonction de leur potentiel de valorisation.

Cette organisation des différentes étapes permet d’orienter les matières récupérées vers des filières adaptées, au lieu de les considérer indistinctement comme des rebuts.

Des déchets organiques aux légumes frais

Les déchets biodégradables occupent une place importante dans ce dispositif. Ils sont notamment utilisés pour la production d’asticots destinés à l’alimentation des volailles, des poissons et des porcs. Une autre partie sert à fabriquer du compost, utilisé pour soutenir la production végétale.

Grâce à cet engrais organique, une culture hors sol a été mise en place sur le site. Amarante, épinards, gombo et tomates y sont cultivés, illustrant concrètement les possibilités de réutilisation des matières organiques issues des déchets ménagers.

Le résultat est révélateur : une partie des déchets produits par les habitants peut contribuer à la production agricole et à l’alimentation animale. Ce qui était destiné à être abandonné devient ainsi une ressource susceptible de créer de la valeur.

Un modèle à valoriser pour assainir Kinshasa

Au-delà de la production de compost et de légumes, l’expérience menée à Nganda soulève une question essentielle : comment généraliser ce type de pratique dans une ville où l’accumulation des déchets constitue un défi majeur pour les autorités et les habitants ?

La réponse ne repose pas uniquement sur la collecte. Elle exige également un tri adapté, des infrastructures de traitement, des filières de valorisation fonctionnelles et une participation active des ménages. Elle suppose aussi un suivi rigoureux des opérations afin de garantir la qualité du compost et la sécurité des produits issus de ces activités.

L’initiative de Green Coop et de ses partenaires offre ainsi une piste intéressante pour repenser la gestion des déchets à Kinshasa. Son extension à d’autres quartiers nécessiterait toutefois des moyens techniques et financiers, une organisation durable ainsi qu’une évaluation des résultats obtenus.

À Nganda, une conviction prend forme : les déchets ne sont pas nécessairement une fatalité. Lorsqu’ils sont correctement triés, collectés et valorisés, ils peuvent contribuer à l’économie circulaire, à la production agricole et à l’amélioration du cadre de vie.

Et si, pour rendre Kinshasa plus propre, la première étape consistait à cesser de considérer tous les déchets comme de simples ordures ?

Serge GATA, Green Impact Média 

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