Environnement

JUREC PLAIDE POUR L’INSTITUTIONNALISATION DU MOIS DE JUIN COMME « MOIS DE L’ENVIRONNEMENT » EN RDC

JUREC PLAIDE POUR L’INSTITUTIONNALISATION DU MOIS DE JUIN COMME « MOIS DE L’ENVIRONNEMENT » EN RDC
Kinshasa, 2 juillet 2026 – L’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) a clôturé les activités du mois de l’environnement par un point de presse organisé à son siège à Kinshasa. À cette occasion, l’organisation a présenté le bilan de ses actions, les principales conclusions de quatre webinaires consacrés aux changements climatiques ainsi qu’une série de recommandations destinées aux autorités publiques, à la société civile, aux universités et aux partenaires techniques et financiers.

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Dans son intervention, le président du Conseil d’administration de JUREC, Félix Credo Lilakako Malikuka, a rappelé que le thème mondial de la Journée de l’environnement 2026, « Maintenant pour le climat », constitue un appel pressant à accélérer les actions face à l’urgence climatique.

Selon lui, malgré les efforts déjà consentis par la République démocratique du Congo dans la mise en œuvre des accords internationaux sur le climat, plusieurs défis continuent de freiner une réponse efficace, notamment l’absence d’une politique nationale et d’une loi spécifique sur les changements climatiques, la faible mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN), la dépendance aux financements extérieurs ainsi que l’insuffisante prise en compte des enjeux climatiques dans les politiques publiques.

Pour contribuer au débat national, JUREC a organisé durant tout le mois de juin une série d’activités comprenant un communiqué de presse, des interventions dans les médias et quatre webinaires réunissant des experts nationaux et internationaux, des représentants des administrations publiques, des chercheurs, des universitaires, des organisations de la société civile, des journalistes ainsi que des étudiants.

Au total, près de 405 participants ont pris part à ces sessions interactives consacrées aux principaux défis climatiques de la RDC.

Le premier webinaire a porté sur le cadre juridique, les politiques publiques et les mécanismes de financement climatique. Les intervenants ont dressé un état des lieux des instruments internationaux ratifiés par la RDC, tout en soulignant la nécessité d'adopter une législation nationale spécifique sur le climat.

La deuxième session s'est intéressée aux engagements climatiques de la RDC ainsi qu'aux opportunités offertes par l'article 6 de l'Accord de Paris, notamment en matière de coopération internationale et de marchés carbone.

Le troisième webinaire a été consacré aux Conférences des Parties (COP) sur le climat. Les échanges ont mis en évidence les défis liés à la préparation des délégations congolaises, au rôle de la société civile, des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi qu'à la place stratégique des médias dans la diffusion des enjeux climatiques.

Enfin, le quatrième webinaire a abordé la justice climatique et les implications de l'avis consultatif rendu en juillet 2025 par la Cour internationale de Justice sur les obligations des États en matière de climat. Les experts ont souligné que cet avis constitue désormais une référence importante susceptible d'influencer les politiques publiques et les futures décisions judiciaires relatives aux changements climatiques.

À l'issue de ces travaux, JUREC a formulé plusieurs recommandations. L'organisation appelle notamment le Gouvernement à institutionnaliser officiellement le mois de juin comme « Mois de l'environnement » en République démocratique du Congo, à adopter une politique nationale et une loi spécifique sur les changements climatiques, à intégrer les financements climatiques dans le budget national, à renforcer la formation des magistrats sur le droit de l'environnement et à poursuivre les réflexions en vue de la création de juridictions spécialisées en matière environnementale.

L'organisation recommande également une meilleure préparation des négociateurs congolais aux prochaines conférences internationales sur le climat, la centralisation des données climatiques nationales ainsi que le renforcement du contentieux climatique afin de garantir le droit à un environnement sain.

JUREC invite par ailleurs les organisations de la société civile à intensifier les actions de sensibilisation auprès des communautés, les universités à développer davantage de recherches sur les changements climatiques et les partenaires techniques et financiers à soutenir les réformes législatives ainsi que les initiatives de vulgarisation et de renforcement des capacités.

La rencontre s'est achevée par une séance de questions-réponses entre les journalistes et les responsables de JUREC, avant que l'organisation ne réaffirme son engagement à poursuivre son plaidoyer en faveur d'une gouvernance climatique plus ambitieuse et d'une mobilisation nationale permanente face aux défis environnementaux.

SERGE GATA

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