CRIMINALITÉ FAUNIQUE AU SANKURU : APPACOL-PRN MULTIPLIE LES ACTIONS POUR SAUVER LA BIODIVERSITÉ
Entre janvier et juillet 2026, APPACOL-PRN a mené deux opérations majeures. La première a permis le sauvetage de cinq singes, confiés par la suite à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). La seconde s'est soldée par le relâcher de plusieurs perroquets gris dans leur habitat naturel, une espèce particulièrement ciblée par les trafiquants en raison de sa forte valeur commerciale.
Cinq singes sauvés des mains des trafiquantsL'histoire débute le 12 janvier 2026, lorsque les enquêteurs communautaires d'APPACOL-PRN reçoivent une alerte signalant la présence de plusieurs jeunes singes détenus à bord d'une baleinière baptisée Bongongo, dans le territoire de Kole, secteur de Batetela-Dibele, quartier Bac.
Selon l'organisation, les animaux, des mangabeys et d'autres espèces de primates, étaient entre les mains d'un commandant de bord identifié comme François Oshiya.
Alertée, une équipe d'APPACOL-PRN, accompagnée de l'Inspecteur provincial de l'Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat du Sankuru, est rapidement intervenue afin de récupérer les animaux.
Après leur sauvetage, les primates ont été hébergés au siège de l'organisation où ils ont bénéficié de soins quotidiens assurés par Rosalie Elando, désignée comme leur « mère de substitution », jusqu'à leur transfert à Kinshasa par l'ICCN.
L'organisation remercie l'Institut congolais pour la conservation de la nature pour sa collaboration dans la prise en charge et le transfert de ces animaux vers une structure spécialisée.
Le retour des perroquets gris dans leur milieu naturelLe 1er juin 2026, APPACOL-PRN a organisé une cérémonie de remise en liberté de perroquets gris, en présence des autorités provinciales, des services de sécurité et des acteurs de la conservation.
Dans son allocution, le secrétaire général de l'organisation, Christophe Akonga, a rappelé que ces oiseaux avaient été victimes du trafic d'espèces sauvages avant d'être soignés et réhabilités.
« Nous ne les libérons pas. Nous leur rendons ce qui n'aurait jamais dû leur être pris : le ciel », a-t-il déclaré.
Pour lui, chaque perroquet relâché représente une victoire pour la biodiversité.
« Un perroquet ne vit pas seul. Il participe à la dispersion des graines, contribue à la régénération des forêts et fait vivre l'écosystème. Relâcher un perroquet, c'est rendre une voix à la forêt. »
La criminalité faunique, une menace pour l'avenirAu cours de son intervention, Christophe Akonga a également attiré l'attention sur l'ampleur du trafic d'espèces sauvages.
« Lorsqu'on évoque la criminalité faunique, beaucoup pensent uniquement à l'ivoire ou aux écailles de pangolin. Pourtant, le trafic touche aussi les perroquets gris, les jeunes chimpanzés et de nombreuses autres espèces qui disparaissent progressivement de nos forêts », a-t-il expliqué.
Selon lui, la criminalité faunique constitue aujourd'hui le quatrième trafic criminel le plus lucratif au monde. Elle alimente les réseaux criminels, fragilise les communautés locales, menace les moyens de subsistance et compromet l'équilibre écologique.
« Une forêt sans animaux est une forêt qui s'éteint. Sans dispersion des graines ni pollinisation, c'est toute la chaîne écologique qui est menacée, avec des conséquences directes sur l'agriculture, les ressources en eau et le climat », a-t-il insisté.
Trois engagements pour renforcer la protection de la fauneDirigée par Dieudonné Mpo Owondje, APPACOL-PRN réaffirme son engagement à lutter contre la criminalité faunique à travers trois priorités :
Plaider pour un renforcement des sanctions contre les auteurs du trafic d'espèces sauvages ; Développer des activités génératrices de revenus au profit des communautés locales et des peuples autochtones afin de réduire leur dépendance au braconnage ; Sensibiliser les consommateurs pour réduire la demande, considérée comme le principal moteur du trafic.Pour l'organisation, protéger la faune revient à préserver le patrimoine naturel de la République démocratique du Congo et à garantir un avenir durable aux générations futures.
« Un pays sans gorilles, sans bonobos, sans perroquets gris ne serait plus la RDC que nous connaissons. La protection de la biodiversité est une responsabilité collective », conclut APPACOL-PRN.
Serge GATA
Cette ONG (APPACOL-PRN) mérite bien le soutien de toutes les filles et tous les fils du Sankuru. Nous espérons qu'elle est facilement identifiable virtuellement (web site) pour fes contacts approfondis.
C'est très magnifique vraiment '