Une nouvelle thèse d’agrégation en médecine vient enrichir la recherche scientifique en République démocratique du Congo. Le vendredi 7 août 2026, le Dr Germain Kapour Kieng, du département de médecine tropicale de l’Université de Kinshasa, a soutenu ses travaux consacrés à l’analyse moléculaire et phylogénétique des schistosomes et de leurs hôtes intermédiaires à Kimpese, mettant en lumière leur distribution et leur diversité.
SCHISTOSOMIASE EN RDC : UNE THÈSE RÉVÈLE DE NOUVEAUX ENJEUX ET OUVRE LA VOIE AU CONTRÔLE VECTORIEL
La recherche scientifique congolaise franchit ainsi une étape importante dans la compréhension de la schistosomiase, une maladie infectieuse encore largement répandue dans de nombreuses régions du monde. Connue également sous le nom de bilharziose, cette pathologie constitue un problème majeur de santé publique, affectant à la fois les populations humaines et animales.
La transmission de la maladie s’effectue principalement lors du contact avec des eaux contaminées. Le cycle parasitaire implique des escargots d’eau douce qui jouent le rôle d’hôtes intermédiaires, hébergeant temporairement les schistosomes avant leur transmission à l’homme.
Les résultats de la thèse mettent en évidence l’importance stratégique de mieux connaître ces mollusques, notamment leur identification précise et leurs habitats. Une telle connaissance apparaît essentielle pour orienter les actions de lutte antivectorielle, reconnues comme une composante clé dans les stratégies internationales de contrôle de la maladie.
Cependant, en République démocratique du Congo, cette approche reste encore peu développée. Les travaux du Dr Germain Kapour Kieng se positionnent ainsi comme une étude pilote, proposant une base scientifique solide pour l’implémentation du contrôle vectoriel. Ils s’appuient notamment sur la caractérisation des paysages à risque et sur l’identification moléculaire des espèces d’escargots impliquées dans la transmission.
Par ailleurs, la recherche a permis une découverte notable : l’identification d’une espèce d’escargot d’origine australienne, jusqu’alors jamais décrite en Afrique centrale ni en RDC. Cette observation soulève des interrogations importantes sur les dynamiques de dispersion des espèces et leurs implications potentielles dans l’épidémiologie de la schistosomiase.
Au-delà de son apport scientifique, cette thèse ouvre des perspectives concrètes pour le renforcement des politiques de santé publique. Elle met en évidence la nécessité d’intégrer le contrôle vectoriel dans les stratégies nationales afin de réduire durablement la transmission de cette maladie négligée.
Samuel Kalonji-Green Impact Média
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