Environnement

JUSTICE CLIMATIQUE : GREENPEACE AFRIQUE SAISIT L’OPINION POUR UN TOURNANT HISTORIQUE DU DROIT AFRICAIN

JUSTICE CLIMATIQUE : GREENPEACE AFRIQUE SAISIT L’OPINION POUR UN TOURNANT HISTORIQUE DU DROIT AFRICAIN
Greenpeace Afrique lance une pétition en ligne pour soutenir une évolution majeure de la jurisprudence africaine en matière de justice climatique. L’organisation appelle les citoyens à interpeller la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples afin que les responsabilités des gouvernements et des grands pollueurs face aux conséquences du changement climatique soient davantage reconnues au regard du droit africain.

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Au cœur de cette démarche figure une affaire introduite devant la juridiction continentale, autour d’un principe défendu par Greenpeace Afrique : le droit à un environnement sain, consacré par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, devrait être considéré comme une obligation juridique contraignante et susceptible d’être effectivement invoquée.

L’organisation demande notamment à la Cour de reconnaître que les États africains ont des obligations précises en matière de réduction des émissions, de protection des écosystèmes et de défense des populations exposées aux conséquences du changement climatique.

Greenpeace Afrique met également en avant la situation particulière du continent africain. Alors que l’Afrique contribue historiquement moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre que les régions fortement industrialisées, elle demeure particulièrement exposée aux conséquences du dérèglement climatique, notamment à travers les événements météorologiques extrêmes, les pressions sur les ressources naturelles et les risques pesant sur les communautés vulnérables.

L’organisation souhaite ainsi faire reconnaître le principe selon lequel cette vulnérabilité disproportionnée peut soulever des questions de droits humains et de responsabilité juridique.

Autre enjeu majeur de la démarche : la responsabilité des entreprises fortement polluantes opérant en Afrique. Greenpeace Afrique estime que les acteurs économiques dont les activités contribuent à la dégradation de l’environnement devraient pouvoir être davantage interpellés dans le cadre du droit africain des droits de l’homme.

Si la Cour africaine venait à retenir tout ou partie de ces arguments, sa décision pourrait constituer une référence importante pour les futurs contentieux climatiques sur le continent. Elle pourrait notamment renforcer les possibilités pour des communautés, des organisations de la société civile et des défenseurs de l’environnement de contester certaines politiques publiques ou activités susceptibles de porter atteinte à leurs droits.

La pétition lancée par Greenpeace Afrique vise donc à mobiliser l’opinion publique autour de cette bataille juridique. L’organisation invite les citoyens africains et les défenseurs de l’environnement à soutenir sa démarche et à demander à la Cour africaine de faire évoluer sa jurisprudence en faveur d’une plus grande protection des droits environnementaux.

Une précision s’impose toutefois sur la formulation utilisée dans la campagne : qualifier la crise climatique de « crime contre les populations » relève ici d’un argument militant et politique de Greenpeace Afrique. Cela ne signifie pas, en soi, que le changement climatique constitue déjà une infraction pénale reconnue par le droit africain. La portée juridique de l’affaire dépendra précisément de l’interprétation que donnera la Cour aux obligations découlant de la Charte africaine.

Pour Greenpeace Afrique, l’enjeu dépasse ainsi la seule pétition : il s’agit de faire de la justice climatique un véritable sujet de droits humains et de responsabilité juridique à l’échelle du continent.

Rédaction Green Impact Média 

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