Socio-économique

KINSHASA : 50 CAMIONS ANTI-INCENDIE ANNONCÉS, L’URGENCE DE PASSER DE LA RÉACTION À LA PRÉVENTION

KINSHASA : 50 CAMIONS ANTI-INCENDIE ANNONCÉS, L’URGENCE DE PASSER DE LA RÉACTION À LA PRÉVENTION
KINSHASA, Quelques jours après l’incendie meurtrier survenu dans une salle de fêtes à Lingwala, où plusieurs personnes ont perdu la vie lors d’une cérémonie de mariage, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, annonce le renforcement du dispositif de lutte contre les incendies dans la capitale.

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Dans une interview accordée à la presse, le gouverneur a indiqué que la ville avait commandé, depuis près de trois mois, un lot de 50 véhicules anti-incendie destinés à renforcer les capacités opérationnelles des sapeurs-pompiers.

Selon lui, ces véhicules font actuellement l’objet d’un reconditionnement et d’adaptations destinées à leur permettre de mieux fonctionner dans les conditions climatiques locales. Leur acheminement vers Kinshasa devrait intervenir prochainement, avant leur répartition dans différentes communes de la capitale.

« Kinshasa sera dotée de 50 camions anti-incendie,  en vue de renforcer la capacité de lutte contre les incendies », a déclaré Daniel Bumba Lubaki.

Le gouverneur insiste également sur le respect des normes de sécurité et de prévention des incendies, notamment dans les lieux accueillant un nombre important de personnes : salles de fêtes, hôpitaux, marchés, supermarchés, églises et autres établissements recevant du public.

FAYOL ET LA QUESTION DE LA PRÉVENTION

Au-delà de l’annonce de cette nouvelle flotte, la situation pose une question fondamentale de management public : faut-il attendre qu’une catastrophe survienne pour renforcer les dispositifs de prévention ?

Il y a plus d’un siècle, le théoricien français du management Henri Fayol identifiait parmi les fonctions essentielles de l’administration le fait de prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler. Appliquée à la sécurité urbaine, cette approche rappelle qu’une politique efficace ne devrait pas seulement répondre aux catastrophes après leur survenue ; elle doit aussi anticiper les risques.

L’acquisition de véhicules anti-incendie constitue donc un élément important, mais elle ne saurait, à elle seule, résoudre le problème. La prévention, l'inspection des bâtiments, le respect des normes, l'accessibilité des voies d’évacuation, la disponibilité de l’eau, la formation des équipes et les exercices d’intervention doivent accompagner le renforcement matériel.

Dans cette perspective, l’incendie de Lingwala devrait être considéré non seulement comme un drame humain, mais également comme un signal d’alerte pour la gouvernance de la sécurité civile à Kinshasa.

Le principe fayolien de la prévoyance prend ici tout son sens : gouverner, ce n’est pas seulement intervenir lorsque le risque devient une catastrophe ; c’est identifier le risque, planifier les réponses et contrôler leur application avant qu’il ne soit trop tard.

À travers son programme « Kinshasa EZobanga », le gouverneur affirme vouloir ramener la capitale vers davantage de respect des normes. Reste désormais à savoir si cette volonté se traduira par un système permanent de prévention et de contrôle, et pas uniquement par des mesures prises après les catastrophes.

Serge GATA, Green Impact Média

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