COULOIR VERT KIVU-KINSHASA : UN CORRIDOR DE 2 400 KM POUR CONCILIER PAIX, ÉCONOMIE ET PROTECTION DES FORÊTS
Présenté comme un instrument stratégique de l’État, le Couloir Vert repose sur une approche qui cherche à articuler sécurité, production, énergie, transport, financement, formation et conservation. Pour 2026-2027, la feuille de route prévoit notamment la sécurisation progressive des territoires prioritaires, le lancement de projets énergétiques, le développement de chaînes de valeur agro-industrielles et la mise en opération du corridor logistique autour de la RN4 et du fleuve Congo.
Sur le volet économique, la transformation agro-industrielle occupe une place centrale. Les objectifs annoncés pour 2026 comprennent notamment une capacité de 15 000 tonnes par an pour la farine, les biscuits et le pain, 30 000 tonnes pour l’huile de palme transformée, 800 tonnes pour le cacao et 10 000 tonnes pour la filière maraîchère. En 2027, ces capacités doivent encore progresser, avec notamment le lancement de la transformation du café instantané.
La logistique constitue un autre maillon déterminant. La feuille de route vise à ramener, en 2026, le temps de circulation entre Beni et Kisangani à quatre jours, avec quatre brigades routières, 40 camions et plusieurs aéronefs. L’objectif affiché pour 2027 est de réduire ce délai à deux jours, avec huit brigades, 100 camions, un bateau de 200 tonnes et des capacités aériennes supplémentaires.
Le programme prévoit également un volet consacré au capital humain. Quatre centres de formation doivent être construits en 2026, avec une capacité annoncée de 600 stagiaires par an, avant une extension à 12 centres et 3 000 stagiaires en 2027. La participation des communautés est intégrée au dispositif à travers le Consentement libre, informé et préalable (CLIP), les mécanismes de réclamation et les espaces de concertation territoriale.
Sur le plan environnemental, le document prévoit la protection intégrale d’une aire protégée de 8 000 km² dès 2026, l’appui à quatre autres aires protégées, ainsi que la mise en place de six terroirs communautaires protégés. À terme, le Couloir Vert ambitionne de protéger au moins 100 000 km² supplémentaires de forêts. La feuille de route prévoit notamment le recours à la cartographie, aux systèmes d’information géographique, à la télédétection, aux drones et aux patrouilles pour renforcer le suivi et la surveillance.
Mais le document identifie également plusieurs risques susceptibles de ralentir l’exécution du programme : dégradation sécuritaire, retards réglementaires et fiscaux, risques fonciers et communautaires, difficultés logistiques, insuffisances dans la structuration des chaînes de valeur et risques environnementaux. La feuille de route prévoit ainsi un registre centralisé des risques, un suivi mensuel et des mécanismes d’alerte.
Pour mesurer les progrès, un tableau de bord doit suivre régulièrement les indicateurs liés à la sécurité, à l’électrification, à la transformation agricole, aux délais de transport, à la formation, à la participation communautaire, aux plaintes traitées et aux superficies effectivement placées sous protection.
Ainsi, la période 2026-2027 se présente comme une phase de mise en œuvre opérationnelle du Couloir Vert Kivu-Kinshasa. L’enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans l’ampleur des objectifs annoncés, mais dans leur exécution effective, leur suivi transparent et leur compatibilité avec les droits des communautés et la protection des écosystèmes forestiers.
Rédaction Green Impact Média
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