SANKURU : LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE LA FAUNE S’ORGANISE AUTOUR D’UNE MOBILISATION DES ACTEURS
Les termes de référence de cette initiative ont été transmis à la rédaction de Green Impact Média par Christophe Akongo, secrétaire général de l’ONG APPACOL-PRN. L’activité vise à réunir autour d’une même table les autorités administratives et coutumières, les services techniques, les forces de sécurité, les acteurs judiciaires, les organisations de la société civile ainsi que les communautés locales et les peuples autochtones.
Une biodiversité sous pressionLe Sankuru abrite une biodiversité importante, dont plusieurs espèces sauvages particulièrement vulnérables à la capture, à l’abattage, au transport et au commerce illégal. Parmi les espèces citées dans les termes de référence figurent notamment le bonobo, le lesula, le mangabey à ventre doré, les pangolins et les perroquets, auxquels s’ajoutent d’autres espèces protégées.
Pour les organisateurs, la criminalité faunique ne constitue pas uniquement une menace pour les animaux sauvages. Elle affecte également les écosystèmes et peut avoir des conséquences sur les moyens de subsistance des communautés dépendantes des ressources naturelles.
L’objectif affiché est donc de dépasser une approche limitée à la répression pour favoriser une réponse associant prévention, sensibilisation, surveillance, signalement des infractions et application effective de la législation.
Faire connaître la loi pour mieux la faire appliquerL’un des principaux axes de l’atelier porte sur le cadre légal congolais relatif à la protection de la faune. Les participants doivent notamment être sensibilisés aux différentes infractions liées à la capture, à la détention, au transport et au commerce illégal des espèces sauvages.
Les responsabilités des différents intervenants seront également abordées, notamment celles des services de l’Environnement, de l’ICCN, des autorités judiciaires et des forces de sécurité.
La procédure applicable à la constatation des infractions, à la saisie des animaux ou produits de la faune, à leur remise aux services compétents et au suivi des dossiers figure également parmi les sujets annoncés.
Cette dimension judiciaire est considérée comme essentielle, puisque la lutte contre le trafic d’espèces sauvages ne repose pas uniquement sur l’identification des infractions, mais aussi sur leur traitement jusqu’à leur aboutissement.
Les communautés au cœur du dispositifLes organisateurs accordent une place importante aux communautés locales et aux peuples autochtones. L’idée est de renforcer leur participation à la surveillance des espaces naturels, à la prévention des infractions et au signalement des activités suspectes.
La mise en place ou le renforcement d’un réseau d’alerte communautaire figure ainsi parmi les recommandations envisagées.
L’atelier doit également permettre de réfléchir aux alternatives économiques susceptibles de réduire la dépendance au braconnage et au commerce des espèces sauvages. La promotion d’activités génératrices de revenus alternatives est notamment envisagée.
Une chaîne d’acteurs à mieux coordonnerLa lutte contre la criminalité faunique implique plusieurs institutions et catégories d’acteurs. Au Sankuru, l’atelier doit réunir notamment les autorités provinciales et territoriales, la Division provinciale de l’Environnement et Développement durable, l’ICCN, les magistrats et officiers de police judiciaire, les forces de défense et de sécurité, les autorités coutumières, ainsi que les services de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage.
Des transporteurs, opérateurs économiques, organisations de la société civile et ONG sont également concernés. Parmi les structures citées figurent APPACOL-PRN, BCI, JACK et les Amis de Bonobo du Congo, aux côtés des représentants des communautés, des peuples autochtones, des médias et des leaders communautaires.
Cette diversité d’acteurs traduit la volonté de mettre en place une réponse plus coordonnée à une criminalité qui peut mobiliser plusieurs maillons, de la capture au transport et à la commercialisation.
Vers une feuille de route communeAu terme des travaux, les participants devraient notamment parvenir à identifier les principales difficultés qui entravent l’application de la loi dans la province et à formuler des recommandations concrètes.
Parmi les pistes envisagées figurent le renforcement des campagnes de sensibilisation dans les territoires et secteurs, la formation des agents chargés de l’application de la loi, l’amélioration de la coordination entre les services, ainsi qu’une meilleure prise en charge des animaux sauvages saisis.
Le suivi des cas signalés et des procédures judiciaires constitue également un enjeu majeur. Les organisateurs souhaitent, à travers cette démarche, favoriser une meilleure circulation de l’information entre les services compétents et les organisations engagées dans la conservation.
La sensibilisation comme première étapePour les promoteurs de l’atelier, la protection de la faune du Sankuru ne peut reposer sur la seule répression. La sensibilisation, le renforcement des capacités, la participation des communautés et la coordination institutionnelle doivent accompagner l’application de la loi.
L’initiative entend ainsi créer un espace de dialogue entre les différents acteurs afin de dégager des engagements communs et, à terme, une feuille de route pour renforcer la lutte contre le trafic des espèces sauvages dans le Sankuru.
l'atelier a été initié par l'institut Congolais pour la conservation de la nature ( ICCN) en collaboration avec le Pan African Sanctuary Alliance ( PASA) , en synergie avec les ONG : Jeunes animaux confisqués au Katanga (JACK), et les Amis de Bonobo du Congo ( ABC) . Veuillez mettre ça pardon
Dans une province où plusieurs espèces protégées sont exposées aux pressions humaines, l’enjeu est désormais de transformer la sensibilisation en mécanismes opérationnels : alerter, intervenir, poursuivre et assurer le suivi des infractions, tout en associant davantage les communautés à la conservation de leur patrimoine naturel.
Rédaction Green Impact Média
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