À l’occasion de la Journée internationale du gorille, célébrée chaque 24 septembre, le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) a organisé, à Bukavu une rencontre réunissant des acteurs du tourisme et des professionnels de l’environnement. Cette initiative visait à sensibiliser l’opinion publique sur l’importance de la protection des gorilles de Grauer, espèce emblématique du patrimoine naturel du Sud-Kivu, et sur la nécessité de préserver les forêts qui constituent leur habitat.
Environnement
Journée internationale du gorille : le PNKB en première ligne pour sauver les gorilles de Grauer
Les gorilles, acteurs de l’équilibre écologique
Au-delà de leur valeur touristique et scientifique, les gorilles jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes forestiers. En se déplaçant dans la forêt et en consommant différents fruits et végétaux, ils participent à la dispersion des graines et contribuent au renouvellement naturel de la végétation. Leur présence est donc indispensable au maintien de la biodiversité et à la résilience des forêts tropicales.
Arthur Kalondji, Directeur Chef de Site du PNKB, a rappelé les défis sécuritaires persistants :
« Cette situation a limité certaines activités du parc et réduit les possibilités d’intervention des écogardes dans plusieurs zones. »
Cette instabilité favorise l’exploitation illégale des ressources naturelles et accentue la pression sur les forêts et la biodiversité du parc, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Un rôle vital pour les communautés locales
Le PNKB ne se limite pas à la conservation des gorilles. Ses forêts assurent des fonctions écologiques essentielles : régulation du cycle de l’eau, protection des sources et stabilisation du climat local. Ces services écosystémiques sont indispensables pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau des populations environnantes. La protection du parc est donc directement liée au bien-être des communautés.
La déforestation, une menace croissante
Le Professeur Isaac Hana, responsable du Centre de recherche en écologie et écosystème terrestre, a alerté sur l’ampleur de la déforestation : 536 000 hectares de forêt ont disparu entre 2000 et 2018. Cette perte entraîne la fragmentation des habitats, réduit les espaces disponibles pour les gorilles de Grauer et perturbe les équilibres écologiques.
Patrick Musikani a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective :
« Protéger les gorilles, c’est aussi protéger l’avenir. La conservation des gorilles de Grauer ne peut être dissociée de la protection de leur habitat. »
Vers une relance progressive des activités
Malgré les défis sécuritaires et environnementaux, la direction du PNKB envisage une relance progressive et sécurisée de ses activités. Cette dynamique vise à renforcer la conservation, à impliquer davantage les communautés locales et à redonner au parc son rôle moteur dans la protection de la biodiversité.
Jean Iragi - Green Impact Media
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