Environnent : COMMENT GARANTIR L’EFFICACITÉ DES FINANCEMENTS CLIMAT SUR LE TERRAIN ?
Dans une interview accordée à la presse, Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller principal du Chef de l'État en matière d'Environnement, estime que la réussite des financements climat passe avant tout par leur alignement sur les priorités nationales de développement. Il fait notamment référence à la nouvelle stratégie du Central African Forest Initiative (CAFI) 2026-2035, qui vise à renforcer les investissements en faveur de la préservation des forêts du bassin du Congo.
Selon lui, les mécanismes internationaux de financement ne peuvent produire les effets escomptés que s'ils s'intègrent pleinement aux politiques publiques déjà mises en œuvre par la RDC.
« En parlant de la RDC, ces stratégies doivent pouvoir s'aligner sur les politiques nationales que nous avons déjà mises en place, notamment le Plan national stratégique de développement ainsi que le programme du Gouvernement, à travers lesquels les ressources sont mobilisées afin de réduire la pauvreté et de créer les conditions d'une croissance économique durable », a-t-il déclaré.
Pour le conseiller présidentiel, les financements provenant de mécanismes internationaux, notamment le CAFI et le futur Tropical Forest Forever Facility (TFFF) porté par le Brésil, doivent constituer des ressources complémentaires venant renforcer les efforts nationaux plutôt que de fonctionner en marge des priorités définies par le Gouvernement.
Des réformes indispensables pour renforcer la crédibilité de la RDCAu-delà de la mobilisation des ressources financières, Tosi Mpanu Mpanu insiste sur la nécessité pour la RDC d'améliorer la qualité de son offre institutionnelle afin de répondre aux exigences des bailleurs internationaux.
Il souligne que ces financements sont assortis de critères rigoureux en matière de gouvernance, de transparence et de résultats mesurables. Pour conserver la confiance des partenaires techniques et financiers, le pays devra poursuivre les réformes destinées à renforcer la gouvernance environnementale et démontrer, preuves à l'appui, l'impact réel des investissements réalisés.
Selon lui, il ne suffit plus de mobiliser des financements : il faut désormais démontrer que chaque dollar investi contribue effectivement à réduire la déforestation, à promouvoir une agriculture durable, à préserver les écosystèmes forestiers et à améliorer les conditions de vie des communautés locales.
Des résultats attendus au bénéfice des populationsLe responsable estime que l'efficacité des financements climat devra également être évaluée à travers leurs retombées socio-économiques. Les investissements doivent favoriser la sédentarisation de l'agriculture, renforcer les revenus des peuples autochtones, soutenir les agriculteurs et améliorer les moyens de subsistance des populations vivant directement des ressources forestières.
Cette approche, explique-t-il, permettra de concilier les objectifs de conservation des forêts avec ceux du développement économique et social, tout en réduisant les pressions exercées sur les écosystèmes.
Faire des financements climat un véritable levier de développementDans un contexte où la RDC est appelée à jouer un rôle stratégique dans la lutte mondiale contre le changement climatique grâce à ses vastes ressources forestières, la gouvernance des financements climat apparaît comme un enjeu majeur.
Pour Tosi Mpanu Mpanu, l'avenir de ces mécanismes dépendra de leur capacité à produire des résultats tangibles, mesurables et durables. L'efficacité des fonds internationaux ne se jugera pas uniquement à l'ampleur des montants mobilisés, mais surtout à leur impact concret sur la réduction de la déforestation, la préservation des forêts du bassin du Congo et l'amélioration durable des conditions de vie des populations qui en dépendent.
Ainsi, l'alignement des financements internationaux sur les politiques nationales, conjugué à une gouvernance renforcée et à une culture de résultats, constitue, selon lui, la principale condition pour transformer les engagements climatiques en bénéfices réels pour la RDC et ses communautés.
Serge GATA
Très instructif, Merci Green Impact 👌🎉
Pour moi il faut d'abord voir le mécanisme fonds vert dont le Brésil tire des millions. Les autres mécanismes interviendront seulement avec une politique gouvernementale agissante.