CDN 3.0 : LA RDC VISE UNE RÉDUCTION DE 21 % DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE ET UN BESOIN DE FINANCEMENT D'ENVIRON 50 MILLIARDS DE DOLLARS
Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) sont les engagements que chaque pays soumet dans le cadre de l'Accord de Paris afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de renforcer les mesures d'adaptation aux effets des changements climatiques et de contribuer à l'effort mondial visant à limiter le réchauffement climatique. Chaque CDN est révisée périodiquement afin d'accroître le niveau d'ambition en fonction des priorités nationales, des avancées scientifiques et des capacités financières des États.
Selon François Mubilayi, Chef de bureau des Inventaires des gaz à effet de serre à la Direction du Développement durable du Ministère de l'Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), la RDC poursuit actuellement les consultations techniques avec le ministère du Plan et les autres parties prenantes en vue de finaliser cette troisième contribution.
« La CDN est un document stratégique élaboré avec les différentes parties prenantes. Elle présente les engagements du pays en matière d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation aux effets des changements climatiques », explique-t-il.
La première CDN de la RDC prévoyait une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre pour un coût global estimé à 23 milliards de dollars américains. Sur cette enveloppe, 9,5 milliards de dollars étaient destinés aux mesures d'adaptation, tandis que 11,5 milliards de dollars étaient consacrés aux actions d'atténuation. Les principaux gaz concernés étaient le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄) et le protoxyde d'azote (N₂O).Celle-ci était conditionnelle c'est à dire le pays devrait recevoir le financement des bailleurs des fonds, le pays ne pouvait pas intervenir.
Révisée cinq ans plus tard, en 2022, la CDN 2.0 a relevé l'ambition nationale à 21 % de réduction des émissions, avec un coût global estimé à 48 milliards de dollars américains. Cette nouvelle version a élargi le champ d'intervention en intégrant le secteur des déchets, en plus des secteurs de l'énergie, de l'agriculture et des forêts, tout en maintenant les mêmes principaux gaz à effet de serre.
François Mubilayi précise que cette deuxième contribution comporte deux volets : une partie conditionnelle, dont la mise en œuvre dépend du soutien des partenaires techniques et financiers, et une partie inconditionnelle, financée par les ressources propres du gouvernement congolais.
Concernant la CDN 3.0, les discussions se poursuivent afin de définir les objectifs définitifs ainsi que les besoins financiers.
« Nous sommes en pleine préparation de la CDN 3.0. Les mêmes gaz et les mêmes secteurs sont concernés. Nous discutons actuellement avec le ministère du Plan pour atteindre un objectif de réduction de 21 % des émissions de gaz à effet de serre. Le document n'étant pas encore soumis, le coût pourrait se situer entre 50 et 51 milliards de dollars américains. Le montant définitif sera connu à l'issue des concertations avec les ministères du Plan et des Finances », indique-t-il. Elle sera également conditionnelle pour les partenaires financiers et non conditionnelle pour la RDC.
Le responsable souligne enfin que chaque CDN ne se limite pas à fixer des objectifs chiffrés. Elle est accompagnée d'une feuille de route précisant les actions à entreprendre, les secteurs prioritaires, les responsabilités des différentes institutions ainsi que les mécanismes de financement nécessaires pour atteindre les résultats attendus.
La future CDN 3.0 constituera ainsi le principal cadre de référence de la RDC pour mobiliser les investissements climatiques, orienter les politiques publiques et renforcer la contribution du pays à la lutte mondiale contre les changements climatiques, tout en poursuivant ses objectifs de développement durable.
Serge GATA
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