Forum africain de l'eau : défendre les défenseurs de l'environnement pour protéger l'avenir de l'Afrique
Selon plusieurs organisations internationales, les défenseurs de l'environnement figurent parmi les acteurs de la société civile les plus exposés dans de nombreux pays. En Afrique centrale, y compris en République démocratique du Congo, des journalistes, des leaders communautaires, des juristes et des militants écologistes rapportent régulièrement des pressions liées à leurs activités de protection des forêts, des aires protégées, des terres et des ressources en eau.
Le Forum africain de l'eau, qui se tient les 15 et 16 juillet 2026 à N'Djamena (Tchad), constitue ainsi une occasion de rappeler qu'une gouvernance durable de l'eau ne peut être effective sans un environnement où les citoyens, les chercheurs, les journalistes et les organisations de la société civile peuvent s'exprimer librement et participer aux décisions publiques.
Au cours de son intervention à l'ouverture du Forum, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a appelé les États africains à renforcer leur coopération en faveur de la sécurité hydrique du continent. Il a proposé plusieurs orientations visant notamment à améliorer la gouvernance de l'eau, mobiliser davantage d'investissements et développer des infrastructures résilientes face aux effets du changement climatique.
Cette vision ouvre également une réflexion essentielle : qui protégera les femmes et les hommes qui dénoncent la pollution des cours d'eau, l'exploitation illégale des ressources naturelles ou la destruction des écosystèmes ? Sans garanties pour les défenseurs de l'environnement, les objectifs de développement durable et de sécurité hydrique risquent de rester difficiles à atteindre.
Quelques exemples d'activistes connus ayant fait face à des menaces Maxwell Atuhura (Ouganda), engagé contre des projets pétroliers, a signalé des actes d'intimidation liés à son travail. Alfred Brownell (Libéria), défenseur des droits fonciers des communautés, a dû s'exiler après des menaces. Berta Cáceres, devenue un symbole mondial après son assassinat en 2016 en raison de son combat pour la protection des territoires autochtones.Pour la RDC, où les ressources en eau douce représentent un patrimoine stratégique pour l'Afrique, la protection des défenseurs de l'environnement devrait accompagner les investissements dans les infrastructures hydrauliques. Garantir leur sécurité, leur liberté d'expression et leur participation aux décisions publiques est un levier indispensable pour assurer une gouvernance durable de l'eau et des ressources.
Rachel EMISAVE
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