À l’occasion de la Journée Internationale des Écogardes, le parcours d’Alain Mukiranya illustre la vie d’un homme partagé entre les sacrifices intimes, les reconnaissances internationales et une vision tournée vers l’avenir.
Environnement
Alain Mukiranya : Entre sacrifices, reconnaissance et vision pour la biodiversité
Écogarde au Parc National de la Maïko, il est assistant du Directeur Chef de Site et responsable du programme Information, Éducation et Communication (IEC). Dans un contexte marqué par l’insécurité, la présence de groupes armés et les pressions du braconnage, il incarne la résilience et le courage des écogardes congolais.
Les sacrifices sont au cœur de son histoire. « Être écogarde est pour moi un engagement envers les générations futures, envers mon pays et envers toute l’humanité », affirme-t-il. Mais cet engagement a un prix : l’éloignement de sa famille pendant plus d’un an et demi, les risques permanents liés aux groupes armés et le manque de moyens pour accomplir sa mission. Sa plus grande peur reste de voir disparaître des espèces qu’il aurait pu sauver.
À côté de ces épreuves, la reconnaissance internationale est venue marquer son parcours. En 2024, il fut le seul Congolais à prendre la parole au Congrès mondial des Rangers en France. En 2025, il reçut le prix Best Ranger Support aux African Conservation Awards, salué par le Prince Albert II de Monaco. Il participa au Congrès mondial de l’UICN et fut sélectionné pour une formation prestigieuse à l’École de Faune de Garoua au Cameroun. « Ces moments me rappellent que chaque effort compte. Ils montrent que malgré les difficultés, notre engagement produit des résultats concrets pour la biodiversité et pour les populations qui dépendent de ces écosystèmes », explique-t-il.
Enfin, Alain porte une vision claire et ambitieuse. « Je souhaite bâtir une nouvelle génération d’écogardes et conservateurs professionnels et passionnés, mieux équipés, mieux formés et reconnus au pays et à l’international », insiste-t-il. Pour lui, la conservation ne se limite pas à protéger la faune et la flore, c’est préserver la vie, l’identité et l’avenir des communautés. Il voit le rôle des écogardes évoluer vers plus de professionnalisation, intégrant leadership communautaire, nouvelles technologies et lutte contre le changement climatique.
En ce 31 juillet, Journée Internationale des Écogardes, son message résonne avec force : « Derrière chaque forêt préservée, chaque espèce sauvée et chaque aire protégée sécurisée se trouvent des femmes et des hommes qui servent souvent dans l’ombre, au péril de leur vie. Soutenir les écogardes, c’est investir dans la paix, le climat, la biodiversité et l’avenir de notre planète. »
À travers Alain Mukiranya, c’est toute une génération qui rappelle que agir aujourd’hui pour préserver le climat ne se limite pas aux émissions de gaz à effet de serre, mais passe par la protection des forêts, des tourbières et des écosystèmes.
La Rédaction Green Impact
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